Pilule, Implant: pour tout le monde?

Je vous présente Annie.

Annie est une jeune femme d'une vingtaine d'année que les débuts d'une vie de couple ont poussé à chercher une contraception. Son choix s'est bien entendu porté sur l'implant ou la pilule. Oui mais voilà... Peut-elle vraiment choisir librement, ou y a-t-il des contre-indications?

Tout d'abord, la jeune femme présente une anomalie de la coagulation sanguine et elle semble avoir des antécédents de phlébite ou d’embolie pulmonaire. Dans ces deux cas, la pilule lui est complètement interdite ; en effet, un des principaux effets secondaires de la pilule est le risque accru de formation d’un caillot sanguin (thrombose) à l’intérieur du système veineux, ce qui peut ainsi provoquer des accidents vasculaires cérébraux. Si ce risque veineux est relativement faible (3 à 4 cas pour 10 000 femmes et par année), moins important que pendant la grossesse, il doit malgré tout être pris au sérieux. Il est légèrement plus élevé avec les pilules de troisième génération, dont le contenu en oestrogènes est pourtant plus faible.

Pour ce motif, on ne peut donc prescrire la pilule aux femmes porteuses de maladies cardiaques, prédisposant à la formation de thromboses, comme par exemple les affections touchant les valvules du cœur ou présentant une hypertension artérielle (chiffres supérieurs à 160 mm et à 100 mm de mercure).

De plus, Annie a eu affaire, quelques années plus tôt, à une maladie bien connue dans le monde féminin: le cancer du sein. Les oestrogènes contenus dans le contraceptif pourraient contribuer à la multiplication de cellules cancéreuses persistant à l’état latent dans l’organisme, mais qui pourraient se transformer en tumeur maligne. C'est pour cette raison que la pilule ne lui sera pas prescrite tout comme aux femmes ayant été victimes d’un cancer de l’utérus.

Depuis trois mois, la jeune femme se remet tranquillement d'une hépatite (ou peut-être était-ce une autre maladie du foie. Le secret professionnel des médecins se gardera de répondre à cette question..). La pilule ayant déjà, même très rarement, induit la formation de tumeurs bégnines de cet organe, elle n'est pas recommandée dans le cas d'Annie.

Annie est également sensible au sucre et présente un diabète. Comme toutes les contraceptions oestro-progestatives, la pilule est parfois responsable de modifications métaboliques dont une diminution de la tolérance orale au glucose. Le médecin choisira donc sûrement de la lui déconseiller.

Pour finir, la prise de pilule devra immédiatement être arrêtée devant l’apparition de maux de tête intenses, de crises d’épilepsie, d’élévation forte de la tension artérielle ou lors d’une immobilisation prolongée (intervention chirurgicale...) chez cette femme à risque car ce contexte pourrait faciliter l’apparition de complications veineuses.

 

Voici maintenant Clara.

Clara a 23ans et cherche elle aussi une contraception. Si son choix n'est pas encore arrêté, elle pencherait tout de même plus pour l'implant. Il est cependant sage qu'elle en parle avec un médecin, comme nous allons le voir.

En premier lieu, le simple fait qu'elle présente une hypersensibilité à l'un des composants de l'implant pourrait s'opposer à son utilisation.

Comme avec la pilule, le risque de thrombose et de phlébite est accru par l'implant, de même que les tumeurs progestogènes-dépendantes (c'est-à-dire qui risquent d'évoluer avec la prise de progestatif).Il faut donc veiller à ce que la jeune femme ne soit pas porteuse d'un cancer du sein ou des voies génitales.

Clara étant actuellement hospitalisée régulièrement en raison d'une affection hépatique, l'installation d'un implant lui est contre-indiqué.

De même que pour l'opération chirurgicale dont son médecin lui a parlé; si Clara venait à devoir être immobilisée, ou en chaise roulante, il ne faudrait pas qu'elle porte d'implant pendant ce temps là.

Il sera également important de vérifier que la jeune femme n'est pas enceinte. En effet, l'implant contient un oestrogène de synthèse, le diethylstibestrol, qui provoque chez les filles nées de mère traitées par celui-ci pendant la grossesse des cancers du vagin et du col de l'utérus qui apparaissent à l'âge adulte.

Enfin, en cas d'hémorragies vaginales inexpliquées, il faudra retirer l'implant dans les plus brefs délais.

Et à propos des médicaments ?

Il est également important de préciser que la pilule comme l'implant, font parfois mauvais ménage quand ils sont associés à certains médicaments. Certains comme les anticonvulsivants (contre l'épilepsie), les psychostimulants (modafinil), mais aussi certains antituberculeux et certains antibiotiques peuvent en diminuer l’efficacité, car ils stimulent la capacité du foie à dégrader (métaboliser) plus rapidement les substances chimiques, par exemple les constituant des pilules contraceptives ce qui diminue leur effet.

D'autres médicaments, tels que les anti-dépresseurs, risquent de majorer la toxicité de la pilule.

Et certains antiviraux (antiprotéases) utilisés contre le VIH, la griséofulvine qui est un antifungique (médicament contre les champignons) et le millepertuis peuvent réduire l'efficacité de l'implant.

                                                                               E.R

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