Le cancer, ce n'est pas qu'un à-priori

Quand on parle de contraception hormonale, on l'associe souvent au cancer... Mais qu'en est-il vraiment ?

A propos du cancer du sein...

Commençons par préciser qu'il n'a pas encore été prouvé que l'implant ait un quelconque effet sur le cancer du sein. Par exemple, la méta-analyse d’Oxford a réalisé deux études; 339 cas de cancer du sein et 1 935 femmes témoins ont été analysés. Et aucune augmentation significative du risque de cancer du sein n’a été retrouvée, mais le recul est probablement très insuffisant pour pouvoir conclure.

Cependant le sein abrite des cellules qui possèdent des récepteurs aux hormones contenues dans la pilule. Sous contraceptions hormonales, les femmes sont exposées pendant trois semaines sur quatre mois, soit une durée plus importante que dans le cadre d'un cycle naturel féminin. En outre, la concentration des hormones de synthèse est beaucoup plus forte que celle des hormones naturelles produites par le corps au cours du cycle physiologique. Le risque est d'autant plus grand que la prise est précoce (dès l'adolescence) et qu'elle se poursuit souvent pendant plusieurs décennies.

En Europe, le cancer du sein est de plus en plus fréquent: il représente désormais 27,4% des cas de cancer, quelques 130 000 décès par an, et touche des femme de plus en plus jeunes.

Dans le monde, plus de 100 millions de femmes prennent la pilule, soit près de 10% de celles en âge de procréer. L'usage de ces oestroprogestatifs de synthèse est en hausse constante.

Le lien entre la prise d'hormones et l'accroissement du nombre de cancers du sein est alors une donnée scientifique. Les pilules ont été classées par les experts du Centre International de Recherche sur le Cancer, comme cancérigènes de classe 1, c'est-à-dire dont l'effet est certain sur leur survenue. Selon cet organisme, « il existe une augmentation du risque du cancer du sein chez les utilisatrices actuelles et récentes de contraceptifs oraux. Mais, dix ans après la fin de l'utilisation, le risque semble redevenir semblable à celui des femmes qui n'en ont jamais pris. »

Dans la société actuelle, le risque du cancer du sein est donc de plus en plus élevé. Aujourd'hui, la situation apparaît encore plus préoccupante car les tissus « hormono-sensibles » (seins, ovaires, testicules...) des êtres vivants sont dans le monde moderne, soumis à des stimulations hormonales cumulées. Les pesticides par exemples, ainsi que de nombreux autres composés chimiques de notre environnement, génèrent des perturbateurs endocriniens, lesquels se comportent dans le corps humain comme des hormones.

A certains moments de son existence, choisir le risque lié aux hormones est préférable à celui d'une grossesse non prévue. Mais plus les femmes avancent en âge, plus les méthodes se diversifient. Si vers 17 ans, la fertilité est à son maximum et la pilule apparaît alors comme une bonne méthode puisque les problèmes cardio-vasculaires ne sont pas à l'ordre du jour, il faudra songer en arrivant à l'âge de 40 ans à se retrancher vers une autre méthode telle que le stérilet.

Cependant... les femmes sous pilule sont moins sujettes aux tumeurs bégnines du sein (kystes et fibroadénomes), surtout quand elles prennent une pilule fortement dosée en progestatif. Cette protection s'accroît au fur et à mesure des années d'utilisation de la pilule et persiste pendant au moins un an après l'arrêt de celle-ci.

Point positif pour le cancer de l'ovaire ..

Le cancer de l'ovaire arrive au quatrième rang des causes des décès par cancer chez les femmes. Il est particulièrement redoutable car les symptômes n'en sont détectables qu'à un stade avancé de la maladie. La pilule protégerait du cancer de l'ovaire en bloquant l'ovulation : le risque d'être atteinte de ce cancer diminuerait de 30 à 70%, la baisse étant d'autant plus importante que la prise a été longue.

.. Ainsi que pour le cancer de l'endomètre!

Le cancer de l'endomètre est lui aussi très répandu. Chez des femmes ayant utilisé la pilule (2) pendant au moins deux ans, le risque de cancer de l'endomètre chute de 40% par rapport à celles n'ayant jamais pris de contraceptifs oraux (1). Ici aussi, l'effet bénéfique est d'autant plus grand que la pilule a été utilisée longtemps.

On devrait retrouver également ces effets bénéfiques avec l'implant, bien que le recul et l'expérience manquent pour l'affirmer avec certitude.

 

En ce qui concerne les cancers du col utérin et du foie :

Pour ces deux cancers, la pilule semble augmenter les risques. Et l'implant, comme les autres contraceptions progestatives, favoriserait également ce cancer.


En fin de compte, on s'accorde à dire que davantage de travaux sont nécessaires pour évaluer les risques et les bénéfices de la pilule et de l'implant sur la santé, notamment au niveau des cancers.

                                                                                                                        E.R

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